Ce matin, un article sur la proposition de François Hollande de taxer à 75% les revenus supérieurs à 1 million d’euros m’a fait sursauter. Non à cause de la proposition – venant d’un gauchiste, on pouvait s’y attendre – mais à cause d’une explication sur les taux d’imposition français.

Progressivité

La France, comme la Belgique, impose en effet ses citoyens selon un barème progressif par tranche: plus vous gagnez d’argent, plus le taux d’imposition de votre dernier euro de salaire augmente. Mais à l’inverse de la Belgique, la France a instauré une réelle progressivité. Les « tranches » de revenu sont plus larges: en clair, vous devez gagner vraiment plus d’argent pour être imposé plus lourdement. De plus, le taux maximal français est nettement moins élevé que le taux belge:  41%, au lieu de 50% en Belgique. Conséquence de la « largeur » des tranches, ce taux maximum s’applique en France à partir de 72 317 euros, alors qu’en Belgique il est d’application dès 34 330 euros. Voici un petit tableau comparatif :

Quelques exemples

Pour un revenu imposable de 30.000 € par an, l’impôt en France est de 3.316,61 €. En Belgique, il est de 9.437,00 €, en tenant compte du fait que les premiers 5.430 € de revenus sont exonérés d’impôts. Autrement dit, près du triple de l’impôt français.

Pour un revenu imposable de 50.000 € par an, l’impôt en France est de 9.316,61 €. En Belgique, il est de 19.235,50 €, toujours en tenant compte du fait que les premiers 5.430 € de revenus sont exonérés d’impôts. Autrement dit, près du double.

Je vous laisse tirer de ces exemples les conclusions qui s’imposent.

Petites précisions, suite à plusieurs remarques reçues sur Twitter.

1°) Les impôts belges ne commencent pas au 1er euro de revenus. Il y a une tranche de revenus exonérée d’impôts (5 430 sur pour un isolé) qui varie en fonction de la situation familiale.

2°) Les chiffres ci-dessus ne reflètent pas la pression fiscale globale française. Cette dernière serait même légèrement supérieure à la pression fiscale belge, notamment en raison d’un impôt foncier plus lourd.

Le but de mon propos était surtout d’indiquer la différence entre un vrai barème progressif à la française et une fausse progressivité à la belge où la majorité de la population se trouve de facto dans les tranches de revenus les plus élevées.