La plupart du temps, penser à une école prestigieuse ou à une université réputée, c’est se souvenir de tous ceux qui ont connu le succès après être passés sur ses bancs: Harvard a produit Bill Gates, la Stanford University a enseigné les mathématiques aux deux fondateurs de Google, Larry Page et Sergey Brin. L’Actor’s Studio a accouché le talent de Robert De Niro, Marlon Brando, Jack Nicholson et Al Pacino. Et le cours Florent a abrité les premiers pas de Walter, un comique cher à mon coeur. Mais voilà! À côté des célébrités, il y a ces myriades de tâcherons inconnus: diplômés de l’ENA enterrés sous la paperasse dans un sombre ministère,  titulaires d’un MBA de l’INSEAD rongés d’ennui dans un département poussiéreux de la Commission Européenne, diplômés de Polytechnique affectés à l’amélioration des performances des presses à mouler le camembert dans une sinistre usine de la banlieue de Caen…

Bienheureux les pauvres d’esprit

« Beati pauperes spiritu, quia ipsorum est regnum coelorum », rappelait Saint-Mathieu dans son Evangile. Et c’est vrai: car la modernité ouvre aujourd’hui les portes du paradis aux cancres et aux recalés perpétuels. Aux damnés de la scène et aux forçats de la diction, Youtube offre aujourd’hui la gloire – éphémère certes, mais planétaire !
Grâce aux réseaux sociaux, les mauvais élèves des écoles de théâtre peuvent afficher au grand jour leur manque de talent. Sans doute espèrent-ils ainsi, anxieux et fébriles, décrocher un jour ce second rôle tant convoité dans une des prestigieuses productions télévisuelles dont la France est si fière. Ah, donner la réplique à Julie Lescaut, être secouru par Joséphine Ange Gardien ou encore lutter pied à pied contre l’indéboulonnable Navarro, ce sous-Derrick à l’accent phocéen que l’Allemagne nous envie! Quel ivresse, quelle volupté de pouvoir ainsi à nouveau espérer. Gloria! Hosannah!

Une petite perle

À l’instar de l’intermittent du spectacle, l’esthète de l’absurde remercie lui aussi Saint-Youtube. Chaque jour, la main du Destin y dépose de petites perles qui le réjouissent et l’enchantent. Découvrons aujourd’hui un court-métrage particulièrement gratiné. Moteurs!

 

Alors, on dit merci à tonton Fred?