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Si tu manges la vache, tu n’auras plus de lait

À force de taxes et de contraintes admi­nis­tra­tives, le gou­ver­ne­ment est en train de mettre à mort les cel­lules qui consti­tuent le base du tissu éco­no­mique du pays: les indé­pen­dants. La preuve en chiffres.

Je m’étais juré de ne plus par­ler de poli­tique pen­dant au moins une semaine, peut-être deux. Mais c’était sans comp­ter sur la “créa­ti­vité” de notre gou­ver­ne­ment, stig­ma­ti­sée dans une chro­nique triste et amère de mon ami Chaos.

 

Quelques chiffres

 

Aujourd’hui, je ne serai cepen­dant pas long. Je me conten­te­rai de vous citer quelques chiffres pour bien vous faire com­prendre à quel point l’acharnement du gou­ver­ne­ment sur les indé­pen­dants et les PME est dan­ge­reux pour l’avenir du pays. Ces chiffres ont tout ce qu’il y a d’officiel. Ils pro­viennent d’un rap­port édité par le Bureau du Plan en février 2012, et inti­tulé : “Les charges admi­nis­tra­tives en Bel­gique pour l’année 2012″.

Ce rap­port, édité chaque année, étu­die la charge que repré­sentent les obli­ga­tions admi­nis­tra­tives impo­sées par l’Etat en matière de fis­ca­lité, d’environnement et d’emploi.

 

Indé­pen­dants et PME: la base du tissu économique

 
En 2010, la Bel­gique comp­tait 403.703 indé­pen­dants, et 212.921 entre­prises (indé­pen­dants ou socié­tés ayant au moins un employé). Parmi les entre­prises actives en Belgique:

  • 179.285 employaient de 1 à 9 personnes
  • 32.378 employaient de 10 à 249 personnes
  • 1.258 employaient plus de 249 travailleurs.
Les PME consti­tuent donc la base de notre tissu éco­no­mique: à elles seules, elles emploient net­te­ment plus de tra­vailleurs que les grandes entre­prises, qui, en outre, ne sont pas très nom­breuses. Pour­tant, ce sont les PME qui, en 2010 déjà, étaient les plus péna­li­sées. Indé­pen­dam­ment de la pres­sion fis­cale et para­fis­cale très éle­vée qui pèsent sur elles, elles doivent éga­le­ment sup­por­ter l’essentiel des charges admi­nis­tra­tives impo­sées par l’Etat aux entreprises:
  • petites entre­prises: 2,57 mil­liards d’euros, soit 50,7% du total
  • moyennes entre­prises: 2,01 mil­liards d’euros, soit 39,6% du total
  • grandes entre­prises: 0,49 mil­liards d’euros, soit 9,7% du total.

Quant aux 403.703 indé­pen­dants, comme ils doivent faire face à un charge admi­nis­tra­tive net­te­ment moindre: 1,28 mil­liards d’euros à répar­tir sur les 403.703 indé­pen­dants. Ce qui nous amène vers une conclu­sion préoccupante.

 

L’emploi, ça coûte cher aux PME

 
Où se situe la dif­fé­rence essen­tielle entre les charges admi­nis­tra­tives éle­vées des entre­prises et celles, moins éle­vées, des indé­pen­dants tra­vaillant seuls ? La réponse est simple: dans les obli­ga­tions liées à la régle­men­ta­tion en matière d’emploi.

Dans un pays dont le gou­ver­ne­ment affirme vou­loir sti­mu­ler la créa­tion d’emplois, les charges admi­nis­tra­tives liées à la créa­tion d’emploi sont lourdes, et pèsent mas­si­ve­ment sur les plus grands créa­teurs d’emploi. Lorsqu’on cal­cule le coût admi­nis­tra­tif par heure de tra­vail pres­tée, le résul­tat est:

  • 3,29 euro de sur­coût horaire pour les petites entreprises
  • 1,04 euro de sur­coût horaire pour les moyennes entreprises
  • 0,34 euros de sur­coût horaire pour les grandes entreprises

 

Les PME se meurent et l’emploi trinque

 
La crise n’est déjà pas facile à sur­mon­ter. Et aux dif­fi­cul­tés qu’elle entraîne depuis 2008 s’ajoute une hausse — tou­jours d’après le rap­port du Bureau du Plan — des charges admi­nis­tra­tives, qui ont sen­si­ble­ment aug­menté entre 2008 et 2010. Le résul­tat, vous pou­vez le voir sur le tableau ci-dessous, qui pro­vient du SPF Eco­no­mie.

 

 

S’il fal­lait encore enfon­cer le clou du mes­sage que j’ai envoyé il y a peu à Elio Di Rupo avec quelques chiffres, je pense que c’est fait.

No Responses to “Si tu manges la vache, tu n’auras plus de lait”

Trackbacks/Pingbacks

  1. Aaah, le redressement productif... | exab - [...] se veulent les champions. Elle est principalement assurée par les PME et les TPE, qui sont aussi, comme en …

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